/
1x
PUBLICITÉ
Culture

Les 5 meilleurs livres québécois du printemps

Un roman sur l'itinérance au féminin telle que vue par Marie Gagnon, un essai choral contre la montée du fascisme, un recueil collectif autour de la ménopause, le premier livre de Marie Sirois et le plus récent de Kev Lambert. Cinq lectures d'ici dans lesquelles plonger dès maintenant.
Ajouter Châtelaine(s'ouvre dans un nouvel onglet)
Les 5 meilleurs livres québécois du printemps

Cumul 1, de Kev Lambert

Avec son court roman tragique Cumul 1, Kev Lambert soulève des questions. Peut-on se sentir coupable sans avoir commis de faute? Et jusqu’où un simple geste professionnel peut-il nous poursuivre? C'est notre Choix Châtelaine du printemps.

Héliotrope, 140 pages


LIRE AUSSI:


Les 5 meilleurs livres québécois du printemps

Sortie de nuit, de Marie Gagnon

Assise près de l’entrée du métro où elle quête, Claudia a faim et elle souffre; elle est en manque de drogue. Les passants détournent le regard, la police la chasse, et Montréal devient un paysage hostile. Claudia ne vit plus : elle survit. Depuis son coin de rue, elle remonte le fil des événements qui l’ont menée à l’itinérance. Par fragments, elle évoque les lieux de sa chute graduelle : les ruelles anonymes, les chambres insalubres, à la fois refuges et prisons, et les piqueries clandestines. Elle se remémore le point de bascule : sa rencontre avec Jean-Marie, charismatique professeur de philosophie, qui a marqué le début d’une relation de fascination et de destruction progressive.

PUBLICITÉ

Pourtant, après des années de déclin, Claudia tient encore debout, portée par l’écriture. En brossant des tableaux durs, mais remplis d’humanité, Sortie de nuit décrit l’errance, la dépendance, la violence sociétale et les tentatives fragiles de reconstruction. Puisant dans son propre vécu, Marie Gagnon enrichit avec ce roman une œuvre singulière où l’écriture est un acte de résistance. Refusant de plaire, elle construit ses phrases intuitivement avec des mots parfois enfantins et dresse le portrait d’une réalité de la rue qui se banalise dangereusement. En donnant un visage et une voix à celles et ceux que l’on ne regarde plus, l’autrice suscite l’empathie et rappelle que derrière chaque chute se cache une histoire digne d’être entendue.

XYZ, 138 pages

Les 5 meilleurs livres québécois du printemps

Au bout de notre sang, collectif d’autrices sous la direction d’Esther Laforce et de Martine Delvaux

Ce livre aborde la ménopause, un sujet à la fois vaste, intime et profondément politique. Esther Laforce et Martine Delvaux ont rassemblé les textes de 17 autrices issues de milieux variés dans un recueil qui met en lumière des réalités encore largement passées sous silence. Les autrices décrivent avec franchise des expériences liées à des symptômes souvent jugés encombrants, tout en retraçant leur parcours médical et en déplorant le manque d’écoute qu’on observe dans le système de santé. Elles dénoncent également la honte qui s’attache encore aux symptômes de la ménopause.

Parmi les contributions marquantes, le texte de Pascale Cormier raconte une transition tardive, vécue à l’âge où de nombreuses femmes abordent la ménopause. L’autrice inverse ainsi la vision habituelle : plutôt qu’une fin, elle évoque une naissance tardive. Pénélope McQuade décrit, avec humour et honnêteté, la confusion hormonale et l’errance médicale, présentant une médecine encore trop souvent sourde à l’expérience féminine. Enfin, Marie-Célie Agnant rappelle la violence médicale et coloniale exercée sur les corps racisés, soulignant que toutes les femmes ne traversent pas cette étape de la vie dans les mêmes conditions.

PUBLICITÉ

Livre nécessaire et actuel, Au bout de notre sang crée un espace de parole et de sororité. Les textes, à la fois combatifs, intimes et parfois drôles, offrent une vision plurielle du vieillissement féminin à travers des récits d’émancipation et de résistance.

Hamac, 192 pages

Les 5 meilleurs livres québécois du printemps

Avant d’en arriver là, collectif d’autrices et d’auteurs sous la direction de David Murray et de Pierre Mouterde

Présenté comme un essai choral, cet ouvrage d’un genre nouveau réunit 18 autrices et auteurs issus de différents courants de la gauche. Chaque chapitre s’ouvre sur des questions simples à propos de la montée de l’extrême droite, à partir desquelles se déploie un dialogue stimulant entre les 18 intervenants. On assiste à une discussion intense et argumentée, mais toujours respectueuse. Anaïs Barbeau-Lavalette, Alain Deneault, Catherine Dorion, Ruba Ghazal, Éric Pineault et Maïka Sondarjee, pour ne citer qu’eux, dressent un état des lieux de la politique contemporaine, telle qu’on l’observe ici et ailleurs.

En abordant de front des thèmes tels que le fascisme, l’intimidation, l’économie et les mécanismes du pouvoir, les autrices et auteurs montrent que la montée de l’extrême droite n’a rien d’un accident : elle résulte de choix politiques et sociaux précis et répétés à travers le temps. Le style, à la fois accessible et engagé, évite le jargon universitaire et cherche plutôt à créer un espace de discussion. L’ouvrage met ainsi en garde contre la banalisation de discours et de pratiques autoritaires, souvent présentés, à tort, comme la voix du bon sens, et montre comment ces idées s’installent insidieusement dans le quotidien. En confrontant des points de vue variés, Avant d’en arriver là vise à bannir la peur, le cynisme et l’immobilisme, et invite à réfléchir collectivement à des pistes d’action pour reconstruire un mouvement social plus juste, capable de rassembler largement et d’empêcher les dérives autoritaires contemporaines.

PUBLICITÉ

Écosociété, 272 pages

Les 5 meilleurs livres québécois du printemps

Anne s’en va, de Marie Sirois

Anne est une femme âgée, retraitée et seule. Son corps, alourdi et raidi par la polyarthrite rhumatoïde, dicte désormais le rythme de ses journées. Sur les conseils de son médecin, elle note tout. Ce travail d’écriture devient un refuge, au cœur d’un quotidien dominé par la gestion de la douleur et par des tâches domestiques devenues trop exigeantes. Ancienne archiviste, Anne entretient un rapport attentif avec les objets et les traces du passé. Elle les conserve et les observe, en repensant à sa vie de professionnelle, de conjointe et de mère. Tandis que son corps se fragilise et que son monde se rétrécit, elle continue de rendre visite à son ex-mari atteint de démence; elle le nourrit et le veille, même s’il ne la reconnaît presque plus. Elle se promène dans ce quotidien marqué par la maladie, la mémoire et les visites institutionnelles. Dans ce récit de la lenteur, chaque geste devient un événement.

Lauréate du Prix du récit Radio-Canada 2025, Marie Sirois confirme, avec ce premier livre, une voix sensible qui s’exprime dans une écriture de l’intime bien incarnée. Son regard, très sobre, refuse l’effet et privilégie la justesse. La lecture de Anne s’en va laisse, malgré la brièveté du récit, une impression de traversée presque physique, sur un rythme lent. Le texte séduit par sa justesse émotionnelle et sa lucidité poétique. En plaçant une femme âgée, malade et ordinaire au centre de son roman, Marie Sirois pose un geste littéraire et politique fort.

Leméac, 72 pages

PUBLICITÉ

Êtes-vous extra?

Votre dose de mode, beauté et déco par courriel.

En vous inscrivant, vous acceptez nos conditions d'utilisation et politique de confidentialité. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Advertisement
Advertisement
Copier le lien

ABONNEZ-VOUS À CHÂTELAINE

Recevez un concentré d'inspiration : des reportages vibrants sur les exploits des femmes d’ici et d’ailleurs, des entrevues exclusives, des lectures de choix et des recettes aussi actuelles que gourmandes.