Blogue La course et la vie

Sport et ménopause

Dre Johanne Blais nous explique comment conjuguer ménopause et course à pied!

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Nommée « médecin de famille 2011 » par le collège des médecins de famille du Canada, Johanne Blais a fait un baccalauréat et une maitrise en kinésiologie avant de retourner sur les bancs d’école pour faire son doctorat en médecine familiale, à l’Université Laval, pour ensuite exercer à l’unité de médecine familiale du CHUQ, à l’hôpital St-François d’Assise de Québec.

En plus de sa pratique, cette force de la nature donne des conférences, a écrit trois livres sur la santé des femmes (« Être femme à 40, 50 & 60 ans » aux éditions les Intouchables), et on peut la lire  dans le journal de Montréal le lundi et le journal de Quebec le dimanche.

La tornade blonde a gentiment accepté de répondre à mes questions pour le club de course Châtelaine.

 

1. Premiers signes de ménopause, c’est la galère, je prends du poids, j’ai l’humeur d’Hannibal Lecter, et toute ma famille me fuit. La pratique régulière d’un sport peut-elle m’aider ?

Oui très certainement. L’activité physique régulière augmente notre sécrétion d’endorphines, appelées aussi hormones du bonheur. Les endorphines sont des neurotransmetteurs chimiques ressemblant à de la morphine, produisant des effets euphorisants. On note ainsi une augmentation du plaisir, une amélioration de l’humeur et une diminution de l’anxiété. Concernant la prise de poids, je vous en parle plus longuement un peu plus bas.

2. Il y a des contre indications à commencer la pratique régulière d’un sport, et plus spécifiquement la course à pieds, à la ménopause ?

La course à pied est une activité qui peut être très exigeante, dépendamment de la façon dont on la pratique. Dans un premier temps, il est fortement conseiller de commencer par la marche, qui se veut un excellent moyen pour se mettre ou remettre en forme.

Si vous avez des antécédents de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’asthme ou de problèmes aux genoux, je vous conseille d’en discuter avec votre médecin de famille et aussi avec un kinésiologue, avant de débuter un programme de course à pieds. Sachez que le kinésiologue est un spécialiste de l’activité physique qui peut vous préparer un programme d’entraînement personnalisé.

3. Parlant poids, c’est une fatalité d’en prendre à la ménopause ?

Regardons pourquoi la majorité des femmes prennent du poids à la ménopause. Et non, ce n’est pas la faute des hormones !!! Avec l’âge, notre métabolisme de base ralentit. (Le métabolisme de base représente la quantité de calories que vous brûlez au repos). De plus, la plupart des femmes ménopausées font très peu d’exercices et encore moins d’exercices de renforcement musculaire, alors que le métabolisme de base augmente en fonction de l’augmentation de notre masse musculaire.

Autrement dit, d’un côté, diminution du métabolisme de base, de la masse musculaire et de la quantité d’activité physique quotidienne, Et de l’autre côté : consommation du même nombre de calories,…on a donc un bilan positif qui se traduit par quelques livres supplémentaires. Conclusion : Bouger plus, renforcer notre masse musculaire et manger un peu moins : on évite cette fameuse prise de poids.

4. Qu’en est-il du diabète de type II et de l’hypertension ? Est-ce que la course peut m’aider ?

Oui. La course à pied ou toute autre activité physique pratiquée régulièrement est certainement la meilleure pilule. Ainsi, si vous faites au moins 30 minutes de course à pied par jour, vous diminuez de 11% votre résistance à l’Insuline, donc, l’équivalent d’une pilule pour le diabète.

Il en est de même pour l’hypertension artérielle, ou vous obtenez une baisse de votre tension systolique autour de 10 mm hg, soit ici aussi, l’équivalent d’une pilule pour la tension artérielle.

5. Une femme en ménopause vous dit qu’elle court régulièrement, que ça va bien, et qu’elle envisage son premier marathon, que lui conseillez-vous ?

En premier lieu, je vérifierais avec elle les raisons qui la poussent à vouloir faire un marathon. Puis je lui conseillerais de rencontrer un kinésiologue qui s‘y connaît en course à pied pour qu’elle ait un entraînement adapté à sa condition physique et musculaire et son niveau de souplesse. Et je m’assurerais qu’elle commence son programme d’entraînement dans un délai suffisant pour éviter les blessures secondaires à une augmentation trop rapide de l’intensité de l’entraînement.

Finalement, je lui parlerais de l’importance de l’alimentation dans un entraînement pour un marathon…

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Merci Docteur Blais, il ne reste qu’à respecter la prescription et à vous saluer au détour d’une course!