Nutrition

Faut-il se fier aveuglément au Guide alimentaire canadien?

Certains chercheurs considèrent que le Guide alimentaire canadien comporte des imprécisions et des lacunes. Explications.

Cette sauce crémeuse est au mieux lorsqu'on la prépare la veille. Garnissez-en les tranches de boeuf chaudes et utilisez-la comme trempette pour les pommes de terre frites au four qui accompagnent le rôti de côtes de boeuf aux herbes (voir fichier-recettes).

Le Guide alimentaire canadien comporte des imprécisions et des lacunes, estime Michel Lucas. « La pomme de terre, par exemple, y figure au même titre que les autres légumes, alors qu’il s’agit d’un féculent qui augmente la glycémie », affirme le chercheur. Il ne mentionne pas non plus que les céréales complètes sont meilleures pour la santé que les céréales raffinées. « Il devrait nous inciter à réduire notre consommation de viande rouge et dire clairement que les viandes transformées comme les charcuteries, le bacon ou la saucisse sont à éviter », ajoute-t-il.

Le fait qu’on ne veut pas nuire à de gros acteurs de l’économie pèse dans la balance, selon lui. « De tout temps, les guides alimentaires ont été le reflet d’un compromis entre les connaissances scientifiques en matière de nutrition et les pressions des grands lobbys agroalimentaires, explique-t-il. Ces derniers essaient, et c’est bien normal, de défendre leurs intérêts. »

En vue de corriger certaines lacunes des guides canadien et américain, des experts en nutrition de l’Université Harvard ont conçu une « assiette santé » qui tient mieux compte de l’état des connaissances actuelles.

Les grands principes à retenir ? La moitié de l’assiette devrait se composer de fruits et de légumes, hormis la pomme de terre. Un quart devrait être réservé aux céréales complètes et intactes : blé intégral, orge, grains de blé, quinoa, avoine, riz brun. Et le dernier quart devrait consister en protéines saines : poisson, poulet, légumineuses et noix.