5 prodiges qu’accomplit le microbiote (et pourquoi on devrait le bichonner)

Nos bactéries intestinales sont microscopiques, mais leurs effets sur notre santé sont énormes.

 

Présenté par Activia

Photo: iStock.com/katleho Seisa

«L’intestin abrite des milliards de bactéries. En fait, notre corps compte plus de bactéries que de cellules humaines», dit d’entrée de jeu Nanci Guest, diététiste et chercheuse en nutrigénomique à l’Université de Toronto. La recherche scientifique portant sur l’intestin est particulièrement active en ce moment. On multiplie en effet les découvertes sur les façons prodigieuses dont le microbiome – c’est-à-dire l’ensemble des microorganismes présents dans le corps humain et sur la peau – influence notre santé et notre bien-être. Voici cinq exemples étonnants des bienfaits de l’intestin sur l’organisme.

L’intestin… influe sur l’humeur

Émotive? Ou plutôt à cran? Ces humeurs changeantes pourraient provenir de l’intestin. Une récente étude portant sur «l’axe intestin-cerveau» publiée dans la revue Naturea déterminé que plus de 50 % des personnes affectées par le syndrome de l’intestin irritable (SII) souffraient également de dépression ou d’anxiété. «Les bactéries présentes dans l’intestin produisent des molécules analogues aux neurotransmetteurs, qui peuvent modifier les neurones de façon importante et ainsi influer sur l’humeur et même sur le comportement», explique Fernando Forato Anhê, chercheur en biochimie et en sciences biomédicales à l’Université McMaster à Hamilton, en Ontario.

Il faut aussi savoir que 90 % de nos récepteurs de sérotonine, l’hormone du bien-être, se trouvent dans l’intestin, ce qui constitue une raison de plus d’en prendre soin. Des chercheurs du Royaume-Uniont établi récemment qu’adopter un régime sain et équilibré de type méditerranéen et éviter les aliments transformés, qui sont source d’inflammation, pouvait contribuer à prévenir les symptômes de dépression.

L’intestin… assure la régularité

Si on se sent gonflée après les repas ou qu’on a un urgent besoin d’aller à la salle de bains, il pourrait y avoir quelque chose qui cloche du côté du microbiome. Les bactéries intestinales produisent des enzymes qui aident à la digestion des aliments, et les neurones qui tapissent la paroi intestinale régulent la vitesse à laquelle la nourriture progresse dans l’appareil digestif. «Si le transit est trop lent, on peut avoir des troubles gastro-intestinaux tels les ballonnements ou la constipation, dit Fernando Forato Anhê. S’il est trop rapide, on peut avoir des défécations trop fréquentes, ainsi que des problèmes d’absorption des nutriments.»

On ne va pas tous à la selle à la même fréquence – entre trois fois par jour et une fois tous les deux jours sont considérés comme une fréquence normale –, mais on devrait prêter attention à ses habitudes et consulter un médecin s’il survient des changements importants. Les recherches en cours sur les troubles gastro-intestinaux semblent prometteuses pour les individus souffrant de constipation chronique: des traitements efficaces à base de probiotiques, de prébiotiques et de symbiotiques (une combinaison des deux) seraient bientôt offerts, selon la revue scientifique suisse Frontiers in Medicine.

L’intestin… est lié à la santé cardiovasculaire

«Certaines bactéries intestinales nocives pourraient favoriser l’athérosclérose (formation de plaque dans les artères), principale cause des maladies du cœur», dit Fernando Forato Anhê. La plupart des infarctus surviennent quand ces dépôts se détachent et provoquent l’obstruction des artères. Le mauvais fonctionnement de l’intestin peut non seulement augmenter le risque de ces accidents, mais il réduit en outre la capacité des artères de se dilater. Un article publié en 2017 dans la revue Circulation Research recommande de pousser la recherche afin de déterminer de quelle façon la médication traditionnelle associée aux probiotiques pourrait aider les patients souffrant de maladies du cœur.

L’intestin… gère la prise de poids

L’intestin ne fait pas que régler le processus de digestion. Il produit aussi des signaux chimiques qui nous aident à prendre conscience des sensations de faim et de satiété. En outre, il détermine la façon dont l’organisme stocke les graisses. Certaines bactéries intestinales stimulent la sécrétion d’insuline et libèrent celle-ci dans la circulation sanguine, ce qui permet au corps d’utiliser (et d’emmagasiner) le glucose fourni par les glucides comme carburant. S’il survient un dérèglement, le risque d’obésité et de diabète de type 2 augmente. Pour aider au bon fonctionnement de notre microbiote intestinal, Nanci Guest recommande de privilégier l’alimentation, et non les suppléments. «De saines habitudes sont la clé, avec un menu comprenant des glucides riches en fibres, des protéines de source végétale, une abondance de fruits et de légumes, des grains entiers, des produits laitiers, des noix et des graines, et des gras d’origine végétale», énumère-t-elle.

L’intestin… améliore les performances sportives

Les chercheurs sont en train de découvrir que la performance, la récupération et le type de sport pratiqué sont tous liés à des microbiomes spécifiques. Des recherches portant sur différents aspects, allant du délai où les symptômes de fatigue sont ressentis jusqu’à l’apport optimal d’énergie aux cellules, laissent entendre que, pour un athlète, un intestin en santé vaut son pesant (de médailles) d’or. Les scientifiques s’accordent pour dire que des bactéries diversifiées agissant en synergie produisent les substances chimiques et les signaux dont le corps a besoin pour fonctionner de manière efficace – et que le meilleur moyen d’améliorer la diversité de son microbiome est d’avoir un mode de vie actif. «Pendant l’exercice, le sang est détourné de l’appareil digestif, ce qui semble favoriser la prolifération d’un nombre plus élevé de souches bactériennes», dit Nanci Guest.

Forts de ces nouvelles connaissances sur le fascinant microbiome, nous devrions plus que jamais prendre le plus grand soin de notre intestin!

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