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Santé

Avez-vous vraiment besoin de multivitamines?

Tous les quelques mois, un nouveau titre accrocheur prête des bienfaits spectaculaires aux multivitamines. La réalité scientifique, elle, est beaucoup moins sensationnelle, mais mérite d’être connue.
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Avez-vous vraiment besoin de multivitamines?

Photo: Unsplash

Écrivant sur la santé des femmes depuis plus de deux décennies, je suis sceptique à l’égard des multivitamines. Malgré tout, je tombe parfois dans le piège de certaines manchettes. Récemment, un article (en anglais) sur le lien entre les multivitamines et la santé cognitive m’a directement conduite au rayon des suppléments alimentaires. Mais avant de dépenser 20$ pour un produit dont je n’étais pas sûre d’avoir besoin, j'ai préféré demander l’avis de quelques experts.

La vérité crue : vous n’en avez probablement pas besoin

L’idée qu’elles constituent une «assurance nutritionnelle» existe depuis que les premières multivitamines ont fait leur apparition sur les rayons, il y a près d’un siècle, explique Jonathan Jarry, communicateur scientifique au sein de l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill, à Montréal. «Plusieurs continuent de croire à ce marketing, remarque celui dont le travail consiste à rendre la recherche scientifique plus accessible au grand public. Pourtant, la grande majorité des gens n’ont pas besoin de multivitamines.»

Bien que l’idéal soit de combler ses besoins nutritionnels par l’alimentation, les multivitamines peuvent néanmoins avoir leur utilité dans certaines situations, explique Jamila Kanji, diététiste à Vancouver et praticienne certifiée par la Menopause Society. «Les personnes qui souffrent de troubles digestifs – comme la maladie de Crohn – et qui ont des difficultés à absorber certaines vitamines et certains minéraux pourraient tirer profit des multivitamines.» Il en va de même pour les personnes qui suivent un régime alimentaire restrictif en raison de troubles alimentaires, ce qui est plus courant qu’on le pense chez les femmes de 40 ans et plus. (La prise de multivitamines relève alors d’une mesure temporaire, le temps qu’elles parviennent à manger une plus grande variété d’aliments.)

Que disent les plus récentes recherches?

L’article qui m’a conduite au rayon des suppléments alimentaires fait référence aux résultats de l’essai COSMOS-Mind, mené dans le cadre de l’étude COcoa Supplement and Multivitamin Outcomes Study, réalisée au Brigham and Women’s Hospital de Boston et au Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle. Après trois ans de consommation quotidienne de multivitamines, les sujets – dont l’âge moyen était de 73 ans – ont constaté une amélioration de leurs capacités cognitives globales, de leur mémoire épisodique et de leurs fonctions exécutives. Cela semble formidable, mais Jonathan Jarry note qu’il s’agit de «très légères améliorations».

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«Peut-on vraiment extrapoler à partir de ces données que les femmes de 40 et 50 ans en bonne santé devraient prendre des multivitamines? Je ne pense pas», tranche Jamila Kanji. Pour améliorer la santé cognitive, elle recommande le régime MIND (appuyé par la science), qui mise sur les légumes verts à feuilles, les baies, les céréales complètes, les noix et les légumineuses.



Il n’existe tout simplement aucune preuve scientifique majeure que les multivitamines ont des effets bénéfiques significatifs chez une personne moyenne, renchérit Jonathan Jarry. «Au contraire, ce sont les mêmes choses ennuyeuses qui vous permettront de rester en bonne santé en vieillissant : dormir suffisamment, bien manger, développer vos muscles, garder votre cerveau actif.»

Comment savoir si je souffre d’une carence nutritionnelle?

Jamila Kanji recommande aux femmes d’âge mûr de demander à leur médecin une analyse de leurs taux de fer, de vitamine B12 et de vitamine D lors de leurs prises de sang de routine, puis de présenter ces résultats à une diététiste membre de l’Ordre des diététistes nutritionnistes du Québec afin d’obtenir des conseils sur la manière de combler une carence par le biais de l’alimentation ou de suppléments alimentaires.

À retenir

«Si votre alimentation manque de diversité et que vous envisagez des multivitamines, vérifiez qu’elles apportent une dose suffisante de nutriments essentiels», dit Jamila Kanji, dont du fer (les femmes menstruées ont besoin de 18 mg par jour), de la vitamine B12 (2,4 µg) et de la vitamine D (consultez votre médecin pour connaître la posologie idéale). «Sinon, prendre un nutriment à la fois sous forme de supplément alimentaire vous sera probablement plus bénéfique.»


La version originale (en anglais) de cet article a été traduite par l’équipe de Châtelaine en mars 2026. 

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Maureen Halushak est la rédactrice en chef de la version anglophone de Chatelaine. En dehors de son travail, elle aime courir, lire et passer du temps avec son mari et leurs deux gros chiens.

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