Nutrition

« J’ai banni le gluten »

Après avoir découvert qu’elle souffrait de la maladie coeliaque, Nathalie a dû couper le gluten, sans quoi ses symptômes allaient s’aggraver. Un choix pas facile au début, mais nécessaire…

Nathalie-Alimentation

Photo: Maude Chauvin

Nathalie Larouche, 42 ans, prof de littérature au cégep
« J’ai banni le gluten de mon assiette »

« Mon intolérance au gluten, je la vois comme une alliée qui m’a permis de me refaire une santé. » Nathalie Larouche en parle avec sérénité. Elle a retrouvé la forme depuis qu’elle a renoncé à cette protéine contenue dans plusieurs céréales. Depuis des années, elle perdait du poids et ses réserves de fer étaient basses. « Veux, veux pas, ça affecte le moral. » Dur, dur, quand on s’efforce de communiquer sa passion pour la littérature à une trentaine de cégépiens…

Il y a sept ans, après une biopsie du côlon, le diagnostic tombe : maladie cœliaque. « Je n’avais pas le choix, je devais changer mon alimentation, sans quoi les symptômes allaient s’aggraver et même dégénérer en cancer. » Exit donc le blé, l’avoine, le seigle et l’orge. Elle doit dire adieu aux pâtes, aux pâtisseries et à la bière.

À cette époque, Nathalie habite en Abitibi, où l’offre de produits sans gluten laisse à désirer. « Les aliments n’avaient pas la même texture ni le même goût. Mon premier pain de riz était sec et sans saveur. » Elle oublie la diète, trouvant « trop dommage de priver ses papilles de plaisirs sensoriels ». Puis, elle s’installe à Montréal, où elle découvre des épiceries fines offrant des gammes d’aliments sans gluten – de la pizza aux biscottis. Au supermarché, elle doit tout de même éplucher la liste des ingrédients sur les étiquettes. « Le gluten est un liant qui se cache un peu partout, dans le yogourt aux fruits, les sauces, les saucisses… » Pour se simplifier l’existence, elle opte pour les produits bios ayant subi peu (ou pas) de transformation.

Mais une question la tracasse : son chéri s’accommodera-t-il de son nouveau mode de vie ? Eh bien, il relève le défi de cuisiner sans gluten. « Il garde une petite réserve d’aliments qui en contiennent, précise Nathalie. On ne peut pas s’improviser adepte de cette diète ; on risque de souffrir de carences. » Maman depuis peu, Nathalie ne craint pas pour la santé de son bébé, la part d’hérédité dans cette maladie jouant un rôle plutôt faible.

Quand elle visite sa famille en Abitibi, elle ne se fait pas de soucis non plus. On y trouve aujourd’hui une belle variété de produits sans gluten. Et puis, elle peut toujours se rabattre sur le steak-patates !

Vous arrive-t-il de tricher ? Pour mon bien-être, eh non !

Ce que votre alimentation a changé ? Je ne vois plus la nourriture comme le moyen d’assouvir ma faim, mais de combler mon corps de ce dont il a besoin pour être en santé et rassasié.

L’inconvénient ? Au restaurant, quand il n’y a pas de plats sans gluten au menu, je dois demander ce qui compose les mets, les sauces et les assaisonnements.

Vos restos de prédilection ? Le Zéro8, Le Café de l’apothicaire (pour sa crêpe de sarrasin) et Aux Vivres, à Montréal.

L’ingrédient que vous mettez dans tout ? Du sirop d’érable.

Votre plat réconfort ? Des pâtes (riz et maïs) au pesto saupoudrées de parmesan et des éperlans frits (roulés dans de la chapelure sans gluten).

Votre recette infaillible ? Salade de quinoa à l’avocat, à la mangue et au sirop d’érable.

Votre « bible de l’alimentation » ? Différents livres et sites de recettes. Je les adapte en fonction des aliments qui me conviennent (125 recettes sans gluten, de Donna Washburn et Heather Butt ; Les pinardises, de Daniel Pinard ; PachaMama : cuisine des Premières Nations, de Manuel Kak’wa Kurtness).

Pour moi, bien manger, c’est… Prendre le temps de choisir un aliment, le préparer (ou regarder mon homme le faire) et le déguster en sachant qu’il m’est permis.

Allergie, intolérance ou sensibilité? Un article pour tenter de comprendre ces aliments qui nous rendent malades.